La lutte contre les habitations en zones marécageuses au Cameroun

 Quand on échoue sur le plan d’occupation des sols ; une analyse basée sur les zones humides des grandes villes du Cameroun

Caractérisé par une nappe phréatique plus proche du sol, les zones marécageuses font partie du domaine public naturel en référence à la loi N°73-3 du 9 juillet 1973. Portant régime foncier et domanial. Comment sommes-nous arrivés au point où l’on parle d’habitation en zone marécageuse et non de culture en zone marécageuse ? Après la crise des années 1991, les mouvements migratoires ont suivi un rythme centripète où les populations rurales ont eu une forte propension à se réfugier dans les villes espérant trouver une vie meilleure.

 

Dans cet allant, la bataille a été rude et les recalés ont dû être obligés d’utiliser des systèmes « D » pour ne pas retourner en campagne : se construire en ville à tout prix.Dans le laxisme de certaines communautés urbaines et l’absence de plan d’urbanisation dans d’autres, l’on s’est retrouvé dans des situations où l’on parvient à tolérer des constructions dans des zones du domaine public fluvial en repoussant les déguerpissements pour éviter les soulèvements et tensions sociales. Combien coûte cette occupation des zones marécageuse ?

Dans l’inconscience et par instinct de survie, des écosystèmes marécageux ont été détruits où les eaux ont été repoussées par des techniques tels les remblais, la plantation des « arbres absorbants » au risque de perturber des chaînes alimentaires et zones climatiques. L’on enregistre des spectacles insupportables durant les saisons de haute pluviométrie, des maisons englouties (voir les bas-fonds du quartier estudiantin Bonas à Yaoundé, la zone de Maképé missoké à Douala) des pertes de biens et vies humaines. Les conséquences se prolongent dans les centres urbains telle la poste centrale à Yaoundé avec le débordement du Cours d’eau du Mfoundi après les grandes pluies à causes des obstructions des zones de circulation des eaux par les habitations. La perduration des maladies endémiques, des épidémies et surtout des maladies hydriques contribuent à la paupérisation des habitants de ces zones à risque écologique.

Les logements sociaux, solution miracle ? Les logements sociaux sont au centre des solutions du gouvernement au problème d’occupation des zones à risque. Mais force est de constater que la politique actuelle d’occupation des logements sociaux déjà construits est loin de la réalité de vie des habitants des « élobies » au revenu faible. Que faut –il donc faire pour alléger, voir stopper les souffrances des populations ? Sans toutefois être exhaustif, des actions telle la mise en place effective des plans d’urbanisation et leur vulgarisation dans toutes les communautés urbaines voire les communes.

L’entrée en action effective de la protection civile. Les actions de cet organe et de cet outil pourront conscientiser les populations pour ne pas arriver au stade où il faut déguerpir par la force. En rappel, « les marécages à l’exception des plantations aménagées appartiennent à l’Etat » et conformément à la loi-cadre sur la gestion de l’environnement, l’État est gardien de ces lieux ; il ne faut pas y risquer sa vie ou celle des autres en construisant des maisons d’habitation dans ces zones.

Joseph Tchuem Nguembu

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